Président du gouvernement basque et le deuxiéme vice-président du Gouvernement de Navarre, aux côtés d'importants acteurs des territoires en présence, ont apporté leur soutien au XIXe Congrès d'Eusko Ikaskuntza.
De nombreuses institutions et acteurs de toute l'Euskal Herria se sont réunis aujourd'hui, 2 octobre, à l'occasion de la première journée du XIXe Congrès d'Eusko Ikaskuntza, au Palais des Congrès Europa de Vitoria-Gasteiz. Cet événement a pour objectif de poursuivre le travail sur les nouveaux pactes de pays et d'ouvrir de nouvelles voies. Pour cela, la Société des Études Basques- Eusko Ikaskuntza souhaite tisser des consensus et faire des propositions pour relever les défis actuels et à venir du Pays Basque.
Selon les termes d'Ana Urkiza, présidente d'Eusko Ikaskuntza, « L'espace de rencontre que constitue notre Société a su aborder les défis au niveau du Pays Basque depuis sa création en 1918. La Société des Études Basques a, en effet, toujours été aux côtés de la société civile, à la recherche de consensus et de solutions aux défis et aux problèmes du Pays Basque, s'attachant à l'ouverture de nouvelles voies et à la mise en œuvre de projets et de propositions globales visant à améliorer la société. Au cours de ce congrès, nous allons présenter de nombreux projets sur des thèmes qui constitueront les défis de ces prochaines années. »
Le président du Congrès a exprimé son accord avec les paroles de la présidente : « En effet, tous les participants auront l'occasion de donner leur avis et de faire des commentaires et des suggestions. Eusko Ikaskuntza organise un congrès tous les quatre ou cinq ans afin de diffuser les conclusions et les propositions des projets élaborés les années précédentes. Sans oublier que des acteurs de tous les territoires basques participent au processus. »
Ainsi, le président de la CAV, Imanol Pradales, la deuxième vice-présidente du Gouvernement de Navarre, Ana Ollo, le député général d'Alava, Ramiro González, et la maire de Vitoria-Gasteiz, Maider Etxebarria, ont assisté à l'ouverture institutionnelle du Congrès. À leurs côtés se trouvaient la présidente du Parlement basque, Bakartxo Tejeria, le président du Parlement de Navarre, Unai Hualde, la députée générale de Gipuzkoa, Eider Mendoza, la déléguée du gouvernement espagnol, Marisol Garmendia, ainsi que des représentants de la Députation Forale de Bizkaia.
Selon M. Pradales, « nous devons nous demander ce qui a conduit des milliers de personnes à voter pour le rôle des discours anti-européens et xénophobes. À la croisée des chemins, nous devons appuyer sur la bonne touche et la réponse viendra de la société. Pour ce faire, le secret est de diffuser l'identité populaire et de donner du prestige aux institutions. Nous avons besoin de vous pour réconcilier les défis de notre société, car les institutions doivent le faire main dans la main avec les citoyens et la communauté en tant que peuple. Nous avons donc aussi besoin de vous ».
Dans le même ordre d'idées, le représentant de la Navarre a déclaré : « Cet événement fait date depuis le XXe siècle et la capacité d'Eusko Ikaskuntza à travailler sur le long terme est une valeur ajoutée. Heureusement, nous avons une longue tradition de débat et d'accord ; nous avons l'intelligence collective et la capacité de travailler à partir de la base sur des alliances et de petits projets communs pour ensuite aller vers le haut et proposer des modèles valables pour notre société et nos communautés. Et dans tout ce processus, Eusko Ikaskuntza est et sera la clé ».
Le député général, pour sa part, a souligné que « les conditions de vie ont changé au cours des dernières décennies et nous avons besoin d'un large consensus pour accroître la cohésion sociale ; je suis sûr que grâce aux nouvelles idées, initiatives, réflexions et projets du congrès, il y aura des propositions novatrices pour que la société aille de l'avant ». Enfin, la mairesse de Vitoria-Gasteiz a souligné que « en tant que société et communauté, nous sommes confrontés à de grands défis : transition énergétique, transition numérique.... Nous devrons faire face à des défis économiques et cela nécessite de nouvelles perspectives ; nous ne devons pas oublier que nous devons protéger la couverture sociale. Je suis convaincue que cette conférence sera très fructueuse et je suis sûre que de nombreuses propositions seront faites ».
Cérémonie d'ouverture bondée
L'inauguration de l'événement s'est déroulée en présence d'une foule nombreuse d'environ 300 personnes réunies au Palacio Europa. Tout d'abord, et afin de planter le décor du débat, Andoni Eizagirre, professeur à l'université de Mondragon, a évoqué la redéfinition de l'aide sociale et le futur modèle socio-économique du Pays basque. « Pour nous, deux prémisses sont fondamentales : nous devons être conscients de la dimension de ce que nous sommes et situer notre pays dans le moment historique où il se trouve. L'industrialisation a été très importante dans notre société et, outre la taille de l'entreprise, il peut y avoir d'autres valeurs : le savoir des personnes, la parole donnée, les compétences.... Ce sont des éléments importants, lorsqu'on parle d'économie, des valeurs et des attentes des gens », a expliqué le professeur.
Lui a succédé la première conférence portant sur le modèle socio-économique. C'est à Hilary Cottam, professeure à l'Université de Londres, conceptrice et activiste britannique, qu'il est revenu l'honneur de prononcer la conférence d'ouverture. Cottam a présenté une vision puissante et transformatrice d'un État-providence basé sur la dignité humaine, l'inclusion et l'entraide. Selon ses propres paroles : « Il faut rétablir les relations, en renforçant les liens entre les personnes, en promouvant des réseaux communautaires basés sur l'empathie, la réciprocité et l'entraide, qui se traduiront par un système souple et résilient », à travers la philosophie des projets lancée ces dernières années par Eusko Ikaskuntza. Selon Cottam : « L'État-providence doit passer d'un modèle centré sur les services standardisés à un modèle centré sur les personnes », en créant des solutions avec les communautés et en s'adaptant aux différentes étapes de la vie.
Une table ronde intéressante
La première journée du Congrès a été divisée en trois blocs, le premier concernant le développement économique. Sous l'intitulé Prérequis de la transition : coûts, financeurs, externalités et projets de transition, Alberto Ansuategi, Edurne Magro d'Orkestra et Teófilo Rojo de l'UPV sont intervenus. Jon Barrutia, de l'UPV a assumé le rôle de modérateur de cette première table ronde.
« La transition doit être considérée comme un investissement à long terme. Si les acteurs publics et privés participent à son financement, la transition pourra être orientée vers l'inclusion » a affirmé le premier intervenant. Magro a ajouté que, pour que la transition soit efficace, tous les acteurs doivent assumer leur rôle de manière active et coordonnée et que « la responsabilité de la transition doit être une construction collective qui favorise la coopération et l'échange des connaissances ». Rojo, quant à lui, s'est engagé sur une autre voie : « La transition doit travailler la durabilité non seulement sur la base de la consommation des ressources, mais aussi d'un point de vue géopolitique qui tienne compte des inégalités d'accès ». Des personnes du public ont ensuite pris la parole pour participer au débat.
Un large consensus autour du bien-être social
Le second bloc a ensuite abordé la durabilité et le bien-être au travail avec une table ronde intitulée L'avenir du travail et les politiques de bien-être social. Autour de la table, Tomas Arrieta, ex-président du Conseil des relations de travail, Leire Gartzia, de la Deusto Businness School et Rafael Muñoz de Bustillo, professeur de l'Université de Salamanque. Les débats ont été modérés par Izaskun Goñi, membre du Conseil stratégique pour l'industrie.
Arrieta a souligné l'importance de garantir des emplois décents comme moyen fondamental d'accéder à la richesse et de réduire les inégalités. Il a également souligné la nécessité de politiques de prédistribution, telles que l'éducation et la santé, afin de promouvoir une participation équitable au marché du travail. Selon Arrieta, « Les besoins du marché et un meilleur alignement de la qualité de l'emploi peuvent créer un cycle vertueux de productivité et de compétitivité ». Pour sa part, Gartzia a mis l'accent sur les trois grands défis de l'avenir du travail : « Adapter les structures de l'emploi pour comprendre les nouvelles générations, construire des modèles de travail basés sur la réciprocité et gérer la diversité de manière inclusive ». Enfin, Muñoz de Bustillo a mis l'accent sur le concept de redistribution : « Les dépenses sociales peuvent être durables si les gains de productivité résultant des progrès technologiques sont correctement redistribués ». L'intervenant a également souligné le rôle de l'immigration dans l'atténuation du vieillissement démographique et l'urgence d'une transition écologique assurant un partage équitable des bénéfices.
Après la pause, c'est Maria Angeles Durán, professeure au CSIC, qui a pris la parole pour affirmer que « la valeur économique du travail ménager et du soin est énorme, car ils sont essentiels même s'ils ne génèrent pas de revenus directs ». Durán a plaidé pour rendre visible, valoriser et redistribuer sur un pied d'égalité le travail non rémunéré afin d'édifier une société plus juste et plus durable. « La répartition inégale de ces emplois perpétue les inégalités de genre et limite les possibilités des femmes dans le domaine formel de l'emploi ».
Ce thème est étroitement lié à ce qu'Eusko Ikaskuntza a voulu mettre en lumière pendant le Congrès : « Il s'agit de relever les défis et les préoccupations du présent et de l'avenir. Le Congrès doit s'ériger en espace de débat et en témoin ; il doit placer au centre de conférences comme celle de Durán l'un des grands problèmes que connaît la société », explique Juaristi.
Un débat animé autour de la durabilité
Pour terminer, s'est déployé le troisième bloc qui avait pour titre : « Durabilité et solidarité intergénérationnelle ». Avec la troisième table ronde du Congrès. Sont intervenus Itziar Aguado, professeure de l'UPV, Javier Buron, représentant de NASUVINSA et Concepción Patxot, professeure de l'Université de Barcelone. Et pour modérer les débats, Mercedes Oleaga, d'Orkestra.
Aguado a mis l'accent sur la gestion de l'équilibre entre la population vieillissante et la solidarité intergénérationnelle. Elle a proposé de mettre en place des politiques de l'emploi qui réduisent la précarité et améliorent la conciliation de la vie personnelle et professionnelle, ainsi que des réformes fiscales qui garantissent la viabilité du système de retraite. « Dans le secteur privé, il serait essentiel de promouvoir la coresponsabilité et, dans le secteur public, de promouvoir des politiques de logement qui facilitent l'émancipation des jeunes », a-t-elle expliqué. Se référant à cette dernière idée, pour la solidarité intergénérationnelle, Buron a souligné l'importance de développer des politiques durables de logement, « des modèles de cohabitation intergénérationnelle et des solutions écologiques pour réduire l'impact environnemental ». Concepción Patxot a toutefois mis l'accent sur l'importance de comprendre et de corriger les externalités engendrées par le déséquilibre financier entre les différentes étapes du cycle de vie : « Il faut mettre en place des politiques de soutien pour la génération sandwich, qui doit s'occuper à la fois de ses enfants et de ses parents âgés », afin de permettre aux familles de maintenir la fécondité et l'investissement dans l'éducation.
L'événement s'est clôturé par les résumés et les conclusions de la conférence, présentés par Jon Barrutia, Leire Gartzia, Mercedes Oleaga et Andoni Eizagirre. Le premier axe du XIXe Congrès d'Eusko Ikaskuntza a mis en évidence la nécessité de transformer le modèle socio-économique du Pays Basque pour aller vers une vision plus durable et plus juste. Andoni Eizagirre a de nouveau pris la parole pour souligner « l'importance d'un développement économique qui donne la priorité à la durabilité, à la justice sociale et à l'efficacité. Cette transformation exige une transition juste qui englobe tous les secteurs. » En outre, la nécessité d'un modèle d'État-providence centré sur les personnes et fondé sur l'interdépendance et la coopération a été évoquée.
PHRASES CLÉS DES JOURNÉES
Ana Urkiza :
« Le fait de jeter des bases communes et consensuelles pour le progrès, le bien-être et la cohésion territoriale de la société basque du XXIe siècle nous donne l'énergie nécessaire pour organiser cet important forum ».
Patxi Juaristi :
« Nous revendiquons un pacte de pays, compris comme un accord visant à transformer la société, à améliorer le bien-être de tous. Nous allons nous centrer sur ce qui nous unit afin de faire des propositions dans ce sens. »
Hilary Cottam :
« L'État-providence doit passer d'un modèle centré sur les services standardisés à un modèle centré sur les personnes ».
Maria Angeles Durán :
« La répartition inégale du travail ménager et du soin perpétue les inégalités de genre et limite les possibilités des femmes dans le domaine formel de l'emploi ».
Le XIXe Congrès d'Eusko Ikaskuntza a reçu les soutiens suivants : Députation Forale d'Alava, de Bizkaia et du Gipuzkoa ; Gouvernement de Navarre ; Communauté Agglomération Pays Basque ; Gouvernement basque ; Ministère des Sciences, de l'Innovation et des universités ; Laboral Kutxa ; Vital Fundazioa; mairies de Bayonne, Bilbao, Donostia-St Sebastian, Pampelune et Vitoria-Gasteiz ; Université de Deusto, Université du Pays Basque, Mondragon Unibertsitatea, UNED, Université Publique de Navarre, Université de Navarre et Université de Pau et des Pays de l'Adour ; Berria, EITB, Correo, Diario Vasco, Gara, Groupe Noticias, Tokikom, médias Goiena et Association Altube.

