La Société des Études Basques-Eusko Ikaskuntza fixe sa feuille de route visant la cohésion sociale et territoriale

XIX Congrès

04/10/2024

La Société des Études Basques-Eusko Ikaskuntza fixe sa feuille de route visant la cohésion sociale et territoriale

Trois jours durant, près de mille personnes ont assisté aux débats du Congrès d'Eusko Ikaskuntza, qui s'engage à lancer un nouveau projet de développement de l'écosystème des relations territoriales.

Le XIXe Congrès d'Eusko Ikaskuntza a établi une feuille de route pour la cohésion sociale et territoriale, au terme de trois jours de débat en présence de près de mille personnes. Ainsi, la Société lancera, dès mars 2025, de nouveaux projets visant à développer un écosystème des relations territoriales. En particulier, les travaux du Congrès ont abordé la manière de relever les défis d'avenir de la société basque, notamment en analysant les conclusions des projets et en proposant de les mettre en œuvre.

Selon Ana Urkiza, présidente d'Eusko Ikaskuntza, « Notre Congrès a suscité un grand intérêt tant auprès de la population que chez les experts. En outre, au niveau du Pays basque, c'est un bon moment pour s'intéresser à l'avenir de la société basque, à l'occasion d'une transition chargée d'opportunités. Nous sommes très heureux des résultats obtenus car le Congrès a semé les graines de l'avenir d'Eusko Ikaskuntza ».

Le président du Congrès, Patxi Juaristi, quant à lui, a ajouté : « Les attentes de l'organisation sont comblées ». D'une part, parce que le public a dépassé nos espérances. De l'autre, parce que les résultats, les commentaires et les propositions ont été foisonnantes et très riches. Et nous sommes ravis du haut niveau des intervenants. Donc, les contenus et le nombre de personnes touchées sont tout à fait satisfaisants ».

En particulier, la troisième journée a porté sur des projets et des thèmes liés à la territorialité et a réuni, aujourd'hui 4 octobre, 300 personnes au Palais Europa de Vitoria-Gasteiz.

Cependant, la fin de la journée a également été la fin du congrès, avec une photo de famille qui se veut un reflet de la société, l'intérêt de ladite société et sa volonté d'action étant clairement exprimés.

Un territoire vivant

La journée s'est ouverte avec le projet Équilibre territorial. L'Académie des Petites Communes, présenté par Joseba Bergaretxe, membre d'Eusko Ikaskuntza, et par Jon Muñoa, de l'Université de Deusto. En premier lieu, il a mis en contexte l'initiative d'équilibre territorial en déclarant : « Les liens unissant les populations à leur territoire doivent être renforcés. Le milieu rural et le développement des petites communes du Pays basque doivent être basés sur une vision globale, sur la promotion d'infrastructures et de services de base et par le développement de communautés unies », souligne Bergaretxe.

Pour sa part, Muñoa a parlé de l'enracinement et de la communauté, concepts clés de l'avenir des petits villages. « Le développement équilibré des petites communes et l'enracinement des communautés rurales sont indispensables pour assurer une croissance durable de l'ensemble du territoire. Pour ce faire, il faut promouvoir le dynamisme économique local, encourager l'entrepreneuriat et garantir des services adéquats, mais toujours sur la base de la participation communautaire et de la gouvernance démocratique », explique Muñoa.

En second lieu, une table ronde était prévue. Trois chercheurs étaient invités, Jaume Lopez i Hernandez, de l'Université Pompeu Fabra, a présenté les clés de la caractérisation des conflits territoriaux de souveraineté et de la gestion démocratique. « La cohésion territoriale est synonyme de consensus, mais ce n'est pas toujours facile à obtenir. Les conflits territoriaux, qui surgissent fréquemment, doivent être traités démocratiquement » a déclaré l'intervenant.

Elisenda Casanas, de l'Edinburgh Centre for Constitutional Law, a centré son intervention en donnant des exemples de gestion démocratique des conflits de souveraineté survenus en Europe. Selon elle, « Un instrument réglementaire européen est indispensable à la résolution pacifique des conflits. Et notamment, elle différencie les principes démocratiques de coexistence entre les peuples et les États ».

Enfin, Maite Zelaia, de l'UPV, a rendu compte d'une proposition de règlement pour la gestion de ces conflits en Europe, ainsi que de la synthèse des bonnes pratiques : « La réglementation offre des outils pour le développement équitable et démocratique des processus de souveraineté dans l'Union européenne ».

À sa suite, Cristina Lafont est intervenue. Comme l'a déclaré cette chercheuse de l'Université Northwester : « Le modèle démocratique du XXe siècle est en crise. Et pour résoudre cette crise, il faut proposer un modèle de démocratie participative par délibération qui légitime les décisions publiques par la participation citoyenne. L'approfondissement de la démocratie et l'intégration de la participation citoyenne aux processus décisionnels sont la base et l'enjeu de la cohésion territoriale et de la gouvernance démocratique du XXIe siècle ».

En milieu de journée, l'assistance a découvert le projet de recherche Euskal Herria, un territoire vivant, un espace frontière. Pour cela, Gorka Fraeters de l'UPV a parlé des Frontières proches et cultures frontalières contemporaines. Au-delà de la frontière, un cadre pour l'espace frontalier : «Si la mobilité contemporaine doit être un succès à long terme, elle sera basée sur la socio-économie».

Ensuite, Ximun Carrere, membre du Conseil de Développement du Pays basque a présenté le projet transfrontalier Muga Lur. Il a ainsi précisé que : « Sur les cartes, les frontières sont représentées par des lignes fines et mobiles ; il s'agit d'une construction sociale qui va de pair avec les nations des États».

Pour finir, Aitzpea Leizaola, de l'UPV, a témoigné d'expériences de la diaspora en matière de cohésion territoriale et de culture frontalière en ces termes : «Aujourd'hui, la mondialisation rend la diaspora plus multiforme, plus changeante. Nous manquons de données pour refléter cette réalité».

Ainsi, les relations qui se nouent dans l'espace frontalier et la relation de la diaspora avec le territoire ont été analysées à partir des expériences et des témoignages, toujours en partant du principe que le Pays Basque est un territoire vivant. Notamment, elle a examiné, d'une part, les obstacles qui s'opposent aux relations entre peuples voisins et, d'autre part, la culture qui s'est développée à la frontière pour surmonter ce type d'obstacles. Par ailleurs, les enseignements et les bonnes pratiques qui peuvent découler de l'expérience de la diaspora, afin de maintenir et renforcer l'attachement au territoire ont été passés en revue.

À la suite de cette intervention, la deuxième table ronde de la journée s'est formée, sur le thème Territoire vivant, territoire fonctionnel face au défi de l'urgence climatique : politiques et stratégies pour la cohésion territoriale. Les intervenants étaient Zelai Nikolas, Itsaso Murua et Asier Ruiz. Dans le rôle de la modératrice : Isabel Elizalde. Sa principale conclusion est qu'il faut surmonter les obstacles au maintien d'un territoire habité et construire de solides institutions communes. C'est précisément dans le contexte actuel d'urgence climatique que la cohésion territoriale doit développer une approche globale, renforcer la coopération territoriale et approfondir la gouvernance démocratique.

Eusko Ikaskuntzaren XIX. Kongresua #ElkartzenGaituena

Conclusions et propositions de poids

Après les trois jours de débats approfondis du Congrès, les leviers de changement suivants ont été identifiés pour construire un avenir meilleur : renforcement et transmission des valeurs socio-communautaires, autonomisation communautaire - construction de la communauté, renforcement de la participation et de la démocratie, éducation et formation, importance de l'éducation civique, coopération transfrontalière et renforcement des alliances territoriales, garantie des droits culturels de tous les citoyens, économie durable et sociale, technologie et innovation, préservation et durabilité de l'environnement.

Ces leviers de changement « doivent être abordés de manière coordonnée et intégrée, avec l'implication de tous les acteurs sociaux, économiques et politiques. Ensemble, nous pouvons édifier un avenir basé sur la justice, l'inclusion et la durabilité », a souligné Patxi Juaristi, président du XIXe Congrès.

Outre les conclusions, des propositions couvrant trois domaines ont été mises sur la table : préserver et développer la culture et l'identité, renforcer la cohésion sociale et communautaire, anticiper le défi de la territorialité et contribuer à la création d'un écosystème économique et social solidaire et participatif au Pays Basque.

Concrètement, en ce qui concerne la préservation et le développement de la culture et de l'identité, il s'agit de mettre en valeur la culture et la diversité culturelle basques en vue de construire une identité et une culture plus inclusives en Euskal Herria. La deuxième proposition met l'accent sur l'autonomisation communautaire, c'est-à-dire encourager les citoyens et les communautés à participer activement, à identifier leurs besoins et intérêts et à développer des initiatives pour les satisfaire ces besoins. La troisième proposition vise à relever le défi de la territorialité en utilisant les outils et les processus de co-construction du XXIe siècle, en favorisant la connaissance interterritoriale, et la délibération sur la cohésion territoriale et en renforçant les partenariats. Enfin, en route vers un bien-être social intégral, l'organisation a proposé de contribuer au développement d'un modèle économique et social et du bien-être intégral qui combine la durabilité environnementale, la justice sociale, l'équité intergénérationnelle et l'inclusion des immigrés.

Pour clore l'événement, une photo a été prise avec un grand nombre de personnes représentatives de la société basque. Ana Urkiza a exprimé sa volonté de mettre un terme à cette image : « Nous avons pu les rencontrer avec l'aide d'un groupe de personnes d'âges, de mentalités, de couleurs et d'origines très diverses dans les conclusions et les propositions d'avenir du XIXe Congrès d'Eusko Ikaskuntza, pour montrer que nous devons construire l'avenir ensemble, en intégrant toutes les réalités et toutes les sensibilités et en souhaitant avancer ensemble ».


PHRASES CLÉS DE LA JOURNÉE

Ana Urkiza :

« Nous voulons dire que l'avenir ensemble doit être construit ensemble, en intégrant toutes les réalités et toutes les sensibilités et avec la volonté de marcher ensemble ». « Réunis ici, aujourd'hui, nous avons tracé la voie et convenu des étapes suivantes, en nous engageant en faveur de la cohésion, du travail collaboratif et de la justice ».

Patxi Juaristi :

« L'implication de tous les acteurs sociaux, économiques et politiques est indispensable pour travailler le bien-être intégral, les défis de l'avenir de l'emploi, la transition vers l'économie verte et la cohésion intergénérationnelle au Pays basque. »

Ion Muñoa :

« Il est indispensable que les territoires collaborent entre eux et d'affronter ensemble les défis globaux ».

Cristina Lafont :

« Le modèle de démocratie du XXe siècle est en crise. Et pour résoudre cette crise, il faut proposer un modèle de démocratie participative par délibération qui légitime les décisions publiques par la participation citoyenne ».


Le XIXe Congrès d'Eusko Ikaskuntza a bénéficié des soutiens suivants : Députation Forale d'Alava, de Bizkaia et du Gipuzkoa ; Gouvernement de Navarre ; Communauté Agglomération Pays Basque ; Gouvernement basque ; Ministère des Sciences, de l'Innovation et des universités ; Laboral Kutxa ; Vital Fundazioa ; mairies de Bayonne, Bilbao, Donostia-St Sebastian, Pampelune et Vitoria-Gasteiz ; Université de Deusto, Université du Pays Basque, Mondragon Unibertsitatea, UNED, Université Publique de Navarre, Université de Navarre et Université de Pau et des Pays de l'Adour ; Berria, EITB, Correo, Diario Vasco, Gara, Groupe Noticias, Tokikom, médias Goiena et Association Altube.

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