Zainak 43

Publications

19/05/2026

Zainak 43

Le numéro 43 de Zainak. Cuadernos de Antropología-Etnografía rassemble diverses contributions visant à comprendre les réalités socioculturelles à travers le prisme de l'anthropologie.

Zainak. Cuadernos de Antropología-Etnografía publie son quarante-troisième numéro, comprenant un ensemble de contributions dont certaines convergent vers une même mission : la connaissance issue du travail anthropologique et de disciplines connexes, qui nous permet de continuer à aborder et à comprendre nos réalités socioculturelles.

À cette occasion, ce travail est dédié à la mémoire de Fermín Leizaola (1943-2025), anthropologue et membre central et actif de la désormais disparue section d’Anthropologie-Ethnographie d’Eusko Ikaskuntza, qui a travaillé sans relâche, principalement sur l’étude de la vie pastorale en Vasconie. Ce numéro se veut un hommage reconnaissant à sa longue carrière dédiée à la recherche anthropologique.

Centrés sur le parcours à l'origine des contenus, citons l'analyse de M. Olga Macías Muñoz sur le rôle crucial joué par les femmes en termes de main-d'œuvre dans les ports de pêche. S’appuyant sur l'histoire comme fil conducteur, elle montre l’importance du travail effectué, une réalité invisibilisée par des visions centrées sur des approches androcentriques qui ont dominé le panorama historique de façon permanente. Dans cette perspective, elle met l’accent sur le phénomène de la galerne qui a eu lieu en 1912.

Par ailleurs, par un recours méthodologique à l’observation directe, Ricardo Gurbindo Gil nous emmène au cimetière municipal de San José à Iruña/Pampelune. Le lieu est présenté comme un espace hors de la vie quotidienne, mais qui implique néanmoins une large expression symbolique, configurée par un ensemble de manifestations dont la signification doit être appréhendée.

Sur le terrain, Amelia Benito del Valle Eskauriaza enquête par la suite sur la présence et l’utilisation de la langue basque dans un espace urbain : la rue Ledesma, à Bilbao. Cet espace public est caractérisé par la présence d’établissements hôteliers et de petits commerces, mais aussi par une importante et constante convergence de clients et de passants. Les différentes activités propres au lieu indiquent une contextualisation linguistique, exprimée par des messages ou des annonces concrets, outre la nomenclature propre aux différents établissements (boutiques, bars, cafétérias, etc.). En termes sociolinguistiques, on constate que le recours à la langue basque est faible en comparaison avec la tendance majoritaire et monolingue à l’usage de l’espagnol.

Antonio R. Delgado Tomás poursuit avec un regard résolument tourné vers la ville pour analyser la toponymie de Lisbonne, où les noms des rues n’obéissent pas à un simple acte administratif neutre, mais à une « domestication de l’espace ». Cette tendance se fait l’écho d’une véritable manœuvre idéologique. La ville est vue comme une « archive de la mémoire », dans laquelle la désignation de lieux, au-delà d’un utilitarisme pratique, aboutit à la glorification de personnalités considérées comme des héros, dans un contexte évident de nature civique et religieuse. Guerre et mort font l’objet d’une transposition socioculturelle qui trouve son appui dans la toponymie et la sculpture de Lisbonne, misant sur un culte laïque à travers une « pédagogie de la pierre » qui recourt aux monuments et aux plaques pour dresser un autel aux personnes les plus éminentes de l'État portugais.

Ce numéro donne également une place importante au regard sur le monde rural, sous la plume d’Iker Gustrán Iglesias, qui nous propose un voyage concret dans la culture traditionnelle de la cerise dans le quartier d’El Regato (Barakaldo) en Biscaye. Cette activité était profondément ancrée dans la tradition et encore présente au XXe siècle, résolument agricole, et majeure dans l'économie locale. Une approche qui nous relie à un passé pas si lointain et que nous avons désormais la possibilité de connaître plus précisément.

Voici ce que nous conte le nouveau numéro de Zainak. Cuadernos de Anthropología-Etnografía est par ailleurs enrichi par l'intervention de l'artiste et professeure Claudia Rebeca Lorenzo. Les images des œuvres de la série Variations about u (2024-2025) sont reproduites sur la couverture et en quatrième de couverture. Elles sont également présentes à l'intérieur de la publication, accompagnées du conte traditionnel indien, La femme qui a vaincu la mort (Mahabharata, de Vyâsa). Un « conte d’amour » de l’Inde ancienne, sélectionné pour sa convergence avec l'œuvre artistique présentée.

Partager:
Facebook Twitter Whatsapp